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Qu’est-ce que c’est ?
Les troubles obsessionnels compulsifs (T.O.C.)
font partie des pathologies de l’anxiété.
Les personnes qui en sont victimes
sont confrontées
à des pensées préoccupantes qui reviennent
sans cesse (obsessions).
Quant à la compulsion –comme le dit très
clairement le "Robert" –
c’est
"l’impossibilité de ne pas accomplir
un acte, lorsque ce non-accomplissement
est
générateur d’angoisse, de culpabilité".
Les compulsions sont donc des rituels
destinés
à freiner l’angoisse. La personne atteinte
de T.O.C. se livre à ces rituels de
façon
répétitive, en sachant qu’ils ont absurdes
mais sans pouvoir s’en empêcher, qui
se transforment
parfois en tics.
Les obsessions ce sont des idées préoccupantes,
des images négatives qui assaillent
la pensée
de la personne malade, l’envahissent
et s’y
incrustent, provoquant ainsi des angoisses
douloureuses. Elles martèlent l’esprit
du
sujet-victime qui cependant lutte pour
les
éloigner (parce qu’il sait qu’elles
sont
absurdes) sans y parvenir.
Les obsessions
Elles sont d’ordres très divers et il est
évidemment impossible d’en dresser
une liste
exhaustive. On peut les regrouper par
les
thèmes principaux autour desquels elles
s’organisent
(ouvrage de référence : "Les ennemis
intérieurs", Dr. J. Cottraux,
1998).
*Obsession de la propreté, reliée à tout
ce qui touche la saleté, la contamination,
les microbes, les déchets, les secrétions,
etc. Peur d’être contaminé par des
déchets
toxiques, des radiations et autres.
On peut
rapprocher de ces peurs l’obsession
des maladies,
du type sida, cancer, qui frôle l’hypocondrie.
*Obsession de l’ordre, de la symétrie, du
rangement conçu comme garantie de normalité.
Dans la même catégorie on peut évoquer
l’incapacité
à se débarrasser des choses sans valeur
et
inutiles – papiers périmés, courriers
devenus
obsolètes, déchets (voire des ordures,
un
peu comme dans le syndrome de Diogène)
–
et qui n’a rien à voir avec l’attitude
du
collectionneur puisque la notion de
plaisir
est absente.
* Peur obsessionnelle de l’agression, vers
soi-même ou vers autrui – peur de se
faire
mal, peur de blesser quelqu’un (par
exemple,
de renverser un piéton quand on est
au volant),
d’être agressé.
*Peur d’avoir de "mauvaises pensées"
d’ordre sexuel, d’ordre religieux –de
commettre
des sacrilèges, de blasphémer… Ce sont
des
obsessions qui finalement se rattachent
à
la notion judéo-chrétienne du Bien
et du
Mal.
Les rituels compulsifs
Leur liste n’est pas plus exhaustive bien
sûr ! On peut eux aussi les regrouper
par
thèmes, qui vont recouper ceux des
obsessions.
* Rituels de propreté : se laver les mains
de façon excessive et ostensible, ritualiser
la douche, nettoyer la moindre poussière,
laver plusieurs fois la vaisselle…
*Rituels de rangement et assimilés : placer
les objets dans un ordre précis et
invariable,
redresser systématiquement les tableaux
de
travers, épousseter sans fin le bureau…
* Rituels de vérification (fort répandus)
pour s’assurer de ne pas causer du
tort ni
à soi ni aux autres : vérifier constamment
que les serrures sont bien fermées,
vérifier
la manette du gaz, l’électricité, les
appareils
ménagers, etc. Cette sorte de rituel
s’étend
à vérifier inlassablement l’absence
de maladie,
voire celle des fautes d’orthographe
ou de
frappe dans un texte écrit…
* Bien d’autres rituels encore. Parmi les
plus répandus, les "rituels intérieurs"
– qui se traduisent par des calculs
mentaux,
des formules conjuratoires – ou ceux
qui
consistent à toucher ou tripoter compulsivement
des objets, à établir des listes de
toutes
sortes…
Il faut ranger aussi parmi les actes compulsifs
les achats sans contrôle, l’envie irrésistible
de voler(kleptomanie), voir les comportements
alimentaires ritualisés (qui débouchent,
dans certains cas, sur l’anorexie ou/et
la
boulimie).
Des T.O.C. particuliers
On peut considérer – et c’est la tendance
actuelle – comme T.O.C. le besoin de
se gratter
inutilement (et frénétiquement), de
s’arracher
des mèches de cheveux (trichotillomanie)
ou de se ronger les ongles (onychophagie)
et, finalement, tout ce qui relève
en somme
de l’autodestruction.
Le T.O.C. est handicapant à la mesure de
son intensité, surtout quand il est
associé
à d’autres pathologies comme les troubles
anxieux (du type Phobie Sociale ou
Trouble
Panique) ou/et la dépression. L’évolution
du T.O.C. est généralement assez grave
en
l’absence de traitement.
On peut traiter les T.O.C.
- les médicaments
- la T.C.C.
- l’hypnose éricksionienne
- la phytothérapie.
* Les médicaments sont des anti-dépresseurs
connus et reconnus dont il ne nous
appartient
pas de faire ici l’apologie. Cependant,
ils
ne sont pas efficaces dans tous les
cas –
d’où la nécessité de leur adjoindre
alors
d’autres traitements.
* La thérapie cognito-comportementale (T.C.C.)
est utilisée depuis les années 70 avec
des
résultats considérés comme satisfaisants,
bien que les thérapeutes français la
pratiquent
assez peu. Son objectif est de modifier
le
comportement, les croyances et les
rituels
des personnes atteintes de T.O.C. au
moyen
de la désensibilisation qui met le
patient,
aidé de son psychothérapeute, en présence
de situations génératrices d’anxiété
d’abord
fictives puis réelles.
* L’hypnose éricksionienne repose essentiellement
sur le langage et la communication.
Elle
œuvre pour que le sujet accède à l’autonomie
par l’autoapprentissage plus que pour
réparer
des erreurs et/ou des traumatismes.
Cette
thérapie n’est pas, loin s’en faut
le "remède
miracle" et elle n’est pas sans
danger
car souvent dévoyée par des hypnothérapeutes
autoproclamés ; attention donc !
* La phytothérapie se base sur l’utilisation
d’une plante unique ; le millepertuis.
Les
principes actifs du millepertuis sont
connus
depuis des siècles : c’est un vulnéraire,
un antiseptique et un anti-dépresseur
léger.
L’efficacité du millepertuis pour soigner
les T.O.C. est loin d’être prouvée
et il
est cité plutôt à titre de curiosité.
Origine des T.O.C.
Ce paragraphe au sujet des T.O.C. est le
dernier et aussi le plus bref : leur
origine
n’est pas encore connue ! Les recherches
menées jusqu’à présent n’ont rien révélé
de probant.
Ces recherches s’orientent vers deux voies
qui continuent d’être explorées :
- un dysfonctionnement des neuromédiateurs
– sérotonine, dopamine, vasopressine
– qui
est actuellement un sujet d’étude
- l’influence de facteurs génétiques - mais
de nombreux enfants qui présentent
des T.O.C.
sont nés de parents non atteints.
Une chose est sûre : il n’y a pas une cause
unique aux T.O.C. … par ailleurs, il
ne faut
pas négliger les résultats d’études
assez
récentes qui mettent en avant le fait
que
des dispositions particulières de la
personnalité
font que certains individus sont plus
accessibles
aux T.O.C.
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