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Dans le cadre de la Phobie Sociale, il semble
utile de faire une place à un trouble du
comportement qui affecte un certain nombre
d’enfants et/ou d’adolescents et qu’il est
convenu d’appeler "phobie scolaire"
(terme vulgarisé pour traiter d’un sujet
dernièrement très médiatisé).
Qu’est la "phobie scolaire" ?
Les cliniciens ne s’accordent pas vraiment
sur sa définition… En bref, on peut dire
que c’est une peur incontrôlable, qui semble
inexplicable - puisqu’elle peut affecter
de "bons élèves" – et qui pousse
le jeune à éviter l’école (école, collège,
lycée voire même université).
Quelles en sont les manifestations ?
Le jeune se plaint d’abord de différents
maux qui vont lui permettre de rester à la
maison et , donc, de ne pas affronter l’école.
Les absences se font plus fréquentes, plus
rapprochées au fur et à mesure que la peur
grandit. Les crises d’angoisse à l’idée de
se rendre en classe se multiplient et vont
se traduire par des manifestations physiques
qui peuvent être violentes – accès de tachycardie
ou/et de spasmophilie, évanouissements, voire
tentatives de suicide.
La "phobie scolaire", dans les
cas graves, conduit à la déscolarisation,
par exemple quand le sujet est incapable
de rester plus d’une demi-heure en cours
(des jeunes très atteints sont ainsi amenés
à suivre leur scolarité en milieu hospitalier).
Évidemment, l’échec scolaire est une autre
des conséquences logiques de ce dérèglement
: on constate des redoublements plus nombreux
chez ces jeunes et/ou des études interrompues
précocement. Par ailleurs, le jeune souffrant
de "phobie scolaire" est généralement
d’une timidité excessive - ce qui lui nuit
à l’heure d’affronter des situations d’examen,
de prendre la parole en public, etc. À plus
longue échéance il y a, bien entendu, le
risque d’inaptitude
à vivre en société (travail, relations, sentiments
..)
Les causes de la "phobie scolaire"
Le fait de poser un diagnostic de "phobie
scolaire" chez un enfant ne renseigne
pas sur l’objet de sa peur… Rappelons que
selon la définition du mot "phobie"
la peur est nécessairement liée à un objet
spécifique ; or, dans le milieu scolaire,
les stimuli sont nombreux/variés et indiférenciés.
Quel peut donc être alors l’objet de la "phobie
scolaire" ?
- pour les enfants plus âgés, on est enclin
à privilégier un attachement trop fort aux
parents et/ou le désir de ne pas grandir
;
- pour les enfants un peu plus âgés, le déclencheur
peut être la crainte d’être évalués ou jugés
ou bien celle de ne pas se sentir "à
la hauteur" devant leurs condisciples.
Cette crainte provoque des états d’angoisse
que l’enfant va associer au milieu scolaire
– qui, en fait, n’est aucunement responsable
de ses/ces émotions négatives. Il est intéressant
de souligner que cela se produit souvent
à l’entrée au collège – et concerne davantage
les garçons.
- dans certains cas, il peut y avoir
eu une
agression dans le cadre scolaire dont
le
souvenir va donner naissance à la peur
phobique.
Phobie scolaire ?
La notion péremptoire de "phobie scolaire"
est, depuis les années 40, remise en question.
Le béhaviorisme est passé par là pour redéfinir
de nombreux concepts et depuis les années
60, on tend de plus en plus à considérer
la dite " phobie scolaire" comme
une phobie simple.
En effet, les études – relativement récentes
– ne sont pas fiables : on ne peut généraliser
sous l’appellation "phobie scolaire"
tout ce qui relève de l’angoisse, bien naturelle,
qu’engendre chez les enfants/adolescents
un changement de milieu. Et ce d’autant plus
que de nombreux enfants diagnostiqués comme
"phobiques scolaires " présentent
des réactions d’angoisse générées par des
sujets autres – tels que la maladie grave
qui conduit à l’hôpital, les incendies, la
mort, etc. Il appert que le refus scolaire
est dans bien des cas la résultante de problèmes
sérieux, certes, mais totalement extérieurs
à la sphère scolaire et dont il faut chercher
la source dans des domaines qui relèvent
du cercle familial/émotionnel : deuil, séparation/dépression
des parents, etc.
Il faut donc insister sur le fait que la
tendance actuelle est au "requestionnement"
sur tout ce qui gravite autour de la notion
de "phobie scolaire".
Les thérapies de la "phobie scolaire"
Les thérapies sont bien évidemment en fonction
du "portrait" que dresse le praticien
– seul compétent, rappelons-le, pour poser
un diagnostic et suggérer une thérapie –
du jeune souffrant de "phobie scolaire".
Elles peuvent relever, selon les cas
- d’une thérapie basée sur la désensibilisation
- de techniques de relaxation
- d’une médication anxiolytique ou antidépressive,
dans des cas extrêmes
- d’une thérapie familiale.
Conclusion
La plus grande prudence s’impose à l’égard
de ce qui est dénommé avec ou sans raison
la "phobie scolaire" car les personnes
qui souffrent sont des enfants, sujets plus
exposés que d’autres et qu’il convient de
protéger…
*** ouvrage de référence pour ceux qui approchent
le thème de la "phobie scolaire"
:
"The legend and the myth of school phobia."
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