Tout d’abord, une phobie se définit comme
une peur intense et persistante d’un objet,
d’une activité ou d’une situation. Les personnes
phobiques ne peuvent pas mener une vie normale
bien qu’elles soient conscientes de l’irrationalité
dont elles souffrent. Elles se trouvent dans
un contexte déterminé qui, en soi, n’a pas
le caractère de dangerosité perçu par un
phobique. La crise disparaît en l’absence
du contexte qui l’a déclenchée.
Cette peur provoque une conduite d’évitement
souvent radicale en fuyant la source. Cela
provoque une souffrance qui peut interférer
avec la vie quotidienne et socioprofessionnelle.
La phobie est l’ignorance de l’angoisse qui
est un processus naturel, un signal. Ce signal
est du domaine de l’affect ; il fait partie
du niveau supérieur de l’anxiété si l’on
fait une graduation de ce que l’on peut ressentir.
Elle montre que quelque chose en soi a un
caractère déstabilisant sur lequel on devrait
méditer pour réussir à faire disparaître
l’angoisse.
Dans notre entourage nous connaissons
tous un phobique, sans avoir à chercher très
loin. Comme le dit la psychanalyste Irène
Diamentis, « le phobique vit dans un monde
où tout est possible et tout peut arriver
».
Les phobiques sont souvent de grands
créateurs, la raison est l’ampleur de leur
imaginaire.
Dans les phobies les plus fréquentes, il
y a les animaux, l’araignée, la souris ainsi
que de nombreux insectes, les pigeons, les
serpents, mais aussi la peur du vide, de
l’enfermement, de l’eau, … La peur n’est
pas proportionnelle au danger encouru, pour
exemple, la voiture tue mais la souris plus
rarement.
.....
2 - L’origine de la phobie
Un enfant apprend à apprivoiser ses peurs
si les parents eux-mêmes les ont apprivoisées.
Il n’y a pas de transmission familiale de
l’objet de la phobie mais plutôt du terrain
phobique en lui-même. Ainsi une mère trop
«cou-veuse » qui surprotège son enfant dès
le plus jeune âge va provoquer une incapacité
à se débrouiller tout seul, et à l' inverse
une mère trop absente provoque un manque
de repères. Il faut donc trouver un juste
équilibre.
Ce qui caractérise la phobie est une réaction
d’angoisse incontrôlable. Ne pas pouvoir
ou ne pas savoir sur quoi faire reposer une
angoisse a des conséquences qui font que
l’être humain joint l’angoisse à la réalité.
Être traumatisé sans savoir de quoi ne peut
durer sans que cela revête un caractère de
gravité. La phobie de l’eau est en fait l’angoisse
provoquée par un traumatisme ou plutôt un
événement vécu comme traumatisant et que
l’on a déplacé sur l’eau. Souvent la phobie
trouve son origine dans un traumatisme de
l’enfance.
Les phobies sont les formes les plus fréquentes
de la famille des troubles anxieux, elles
représentent la pathologie psychiatrique
la plus courante chez les femmes, et la deuxième
chez les hommes.
Une phobie vient d'un mélange d'inné et d'acquis.
Nous avons tous des peurs spécifiques. Comme
les souris ont une peur innée des chats,
l'être humain a une peur innée de la violence,
de la séparation, de l'inconnu…
En grandissant, nous allons apprendre à surmonter
ces peurs. Sauf si notre environnement ne
nous y aide pas, parce que nos parents eux-mêmes
manifestent de la peur, par exemple, ou bien
parce que nous avons vécu une mauvaise expérience.
Ainsi, la peur innée des chiens peut être
aggravée et devenir phobique parce vous avez
été mordu par un chien, ou parce que vous
avez vu un film avec des chiens méchants.
En outre, certaines personnes ont davantage
d'émotivité que d'autres. La phobie naît
donc de l'addition d'une peur génétique,
d'un caractère, et d'un vécu.
Cependant peut-on trouver seul l’origine
de sa phobie ? La peur de la souris est créée
suite à une non-réponse, à un événement dont
on ne se souvient pas. L’oubli n’est pas
le fait du hasard, il montre plutôt un besoin.
Le déplacement sur l’objet de la phobie est
la nécessité de passer par une représentation
symbolique afin de maintenir un certain équilibre
mental.
En effet, le domaine de l’inconscient entre
en jeu. Nous pouvons l’explorer seul, même
si retrouver la source d’une phobie comprend
des résistances que l’être humain a mis en
place pour s’en empêcher lui-même.
Pour les psychanalystes, les phobies viennent
masquer une autre angoisse. La phobie est
la sensation soudaine que plus personne n’est
là pour nous protéger, elle apparaît à des
périodes de la vie où notre identité est
fragilisée par un événement majeur (grossesse,
deuil, rupture du contrat professionnel,…)
La phobie ramène à un état fusionnel et en
dehors du temps.
La psychanalyse a été la première a proposer
une explication de l’origine de ces phobies.
Schématiquement, certaines pulsions inavouables,
normalement refoulées dans l’inconscient,
resurgiraient dans le conscient sous une
forme « déguisée » : les phobies. Ces peurs
d’objets et de situations seraient en effet
plus psychiquement acceptables que nos pulsions
inconscientes.
Actuellement, la théorie psychanalytique
des névroses n’est plus utilisée comme modèle
de référence unique. Il y aurait également
des prédispositions biologiques à ces phobies.
De plus, le lien entre confiance en soi et
.phobie est indéniable. Dans une situation
amoureuse où l’on se sent tout-puissant et
ancré dans la vie réelle, la phobie est oubliée
puisque rien ne doit faire obstacle à l’amour.
Au contraire, si l’on se sous-estime,
la phobie apparaît.
Par ailleurs, devenir adulte c’est savoir
renoncer à la protection des parents par
exemple. On devient phobique par l’accumulation
de plusieurs paramètres.
Les phobies évoluent avec le temps car la
vie est faite de changements. Ainsi un grand
phobique peut se révéler être un grand héros
quand vient l’heure d’agir.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé,
12 % de la population souffre de phobie.
Au palmarès : - les animaux (5,7 %) ;- les
hauteurs (5,3 %) ; le sang, les blessures,
les examens médicaux, les piqûres (4,5 %)
; - l’avion (3,5 %) ; les lieux clos (4,2
%) ; - l’eau (3,4 %), les orages (2,9 %);
l’agoraphobie (2 %),puis la phobie du vomissement,
celle de l’étouffement, et la phobie sociale
(2 à 4 %).
Le tableau suivant (Bourdon / Journal of
anxiety disorders, 1988, 2, 227-241) reprend
les principales phobies et leur rang chez
les hommes et les femmes. Parmi les phobies
les plus courantes, les phobies simples sont
les plus fréquentes : les phobies spécifiques
concernent 6 à 7% de la population.
Femmes
Hommes
Phobie
Type
1
2
Insectes, souris, serpent
Phobie simple
2
1
Hauteurs
Phobie simple
3
5
Transports en commun
Agoraphobie
4
6
Être dans l’eau
Phobie simple
5
11
Orages
Phobie simple
6
3
Être dans la foule
Agoraphobie
7
4
Autres peurs
Phobie simple
8
8
Claustrophobie
Phobie simple
9
10
Tunnel et ponts
Agoraphobie
10
9
Parler en public à des gens connus
Phobie sociale
11
14
Sortir dehors seul
Agoraphobie
12
13
Rester seul
Agoraphobie
13
15
Rester près d’un animal dangereux ou non
mais qui ne peut vous atteindre
Phobie simple
14
7
Parler à des gens inconnus
Phobie sociale
15
12
Manger avec des gens connus ou en public
Phobie sociale
Mais comment se nomment les différents types
de phobies ?
II. Les différentes phobies
Parmi les grandes phobies nous trouvons l’agoraphobie,
la phobie sociale et la phobie spécifique.
C’est la psychopathologie, c'est-à-dire l’étude
des troubles mentaux ou psychologiques, qui
répertorie ainsi les phobies en trois grandes
catégories.
Ce type de phobie est le plus fréquent. En
France, l’incidence est évaluée par les psychiatres
à 2% de la population et touche particulièrement
les femmes.
Le terme d’agoraphobie est trompeur puisque
le mot grec « agora » signifie place, lieu
de rassemblement. En effet, quand les symptômes
du trouble poussent quelqu’un à éviter des
situations où il pourrait lui être difficile
de s’enfuir ou bien où il pourrait ne pas
trouver de solution de secours en cas d’attaque
de panique inattendue, on parle d’agoraphobie.
C’est un terme qui désigne aussi des phobies
apparentées, comme la peur de quitter son
domicile, la peur des magasins, des foules
et des endroits publics, ainsi que la peur
de voyager seul en avion, en bus ou n train
par exemple.
Les situations sont évitées ou subies avec
une souffrance intense ou avec la crainte
d’avoir une attaque de panique. Plus de 80%
des agoraphobes ont déjà vécu un trouble
panique, ponctuel ou répété. Ce vécu entraîne
une anticipation aigüe d’une éventuelle nouvelle
crise d’angoisse.
Nous pouvons ainsi définir l' agoraphobie
par rapport aux critères diagnostiques DSM
IV, (Diagnostic and Statistical Manual of
Mental Disorders - American Psychiatric Association)
:
- Anxiété liée au fait de se retrouver dans
des endroits ou des situations d'où il pourrait
être difficile (ou gênant) de s'échapper
ou dans lesquelles on pourrait ne pas trouver
de secours en cas d'attaque de panique ou
bien en cas de symptômes à type de panique.
Les peurs agoraphobiques regroupent un ensemble
de situations caractéristiques incluant le
fait de se retrouver seul en dehors de son
domicile; d'être dans une foule ou dans une
file d'attente; sur un pont ou dans un autobus,
un train ou une voiture.
N.B. : Envisager le diagnostic de phobie
spécifique si l'évitement est limité à une
ou seulement quelques situations spécifiques,
ou celui de phobie sociale si l'évitement
est limité aux situations sociales.
Les situations sont soit évitées (p. ex.,
restriction des voyages) soit subies avec
une souffrance intense ou bien avec la crainte
d'avoir une attaque de panique ou des symptômes
à type de panique ou bien nécessitant la
présence d'un accompagnement.
- L'anxiété ou l'évitement phobique n'est
pas mieux expliqué par un autre trouble mental,
tel une Phobie sociale (par ex. évitement
limité aux situations sociales par peur d'être
embarrassé), une Phobie spécifique (par ex.,
évitement limité à une situation unique comme
les ascenseurs), un Trouble obsessionnel
compulsif (par ex., évitement de la saleté
chez quelqu'un ayant une obsession de la
contamination), un état de stress post-traumatique
(par ex., évitement des stimuli associés
à un facteur de stress sévère) ou un Trouble
anxiété de séparation (évitement lié au départ
du domicile ou à la séparation d' avec les
membres de la famille). Mentionnons que l'évitement
de situations peut altérer les capacités
des sujets à voyager, à travailler ou à assumer
leurs responsabilités.
b) Quels sont les symptômes ?
Selon la définition admise en général, le
trouble panique se diagnostique quand une
personne à au moins quatre attaques de panique
en l’espace d’un mois. Au cours de l’une
de ces attaques il y a présence d’au moins
quatre des symptômes suivant :
- sensation d’étouffement
- étourdissements, sensations d’instabilité
ou d’évanouissement
- palpitations ou augmentation du rythme
cardiaque
- tremblements ou secousses musculaires
- transpiration
- sensation d’étranglement
- nausée ou gène abdominale
- dépersonnalisation ou déréalisation
- sensation d’engourdissement ou de picotement
- bouffées de chaleur ou série de frissons
- douleur ou gène thoracique
- peur de mourir
- peur de devenir fou ou de commettre un
acte non contrôlé
Si l’agoraphobie existe sans trouble panique,
c’est essentiellement quand la personne évite
toutes les situations redoutées. La distinction
trouble panique/agoraphobie avec ou sans
trouble panique est obscure pour chacun.
On constate que l’agoraphobie isolée débute
vers 25ans et que l’agoraphobie avec trouble
panique débute vers 35-45 ans.
Puis, on constate que toutes les phobies
ont un mécanisme commun qui se complexifie
en fonction de la diversité des stimuli.
Le schéma est le suivant :
• Situation angoissante
Dans le cas de l’agoraphobie les situations
problèmes sont nombreuses.
Etendue déserte
Tunnel
Magasin
Voiture
Espaces souterrains
Ascenseur
Autoroute
Restaurant
Bus
Espaces surchauffés
Salle de spectacle
Pont passerelle
Réunions
Métro
Espaces mal aérés
Cinéma
Foule
Avion
Bateau
Marcher seul dans la rue
• Manifestations physiologiques :
- palpitations
- transpiration
- tremblements ou secousses musculaires
- sensations de souffle coupé ou étouffement
- douleur thoracique
- nausée ou gène abdominale
- sensation de vertige, d’instabilité
- sentiment d’irréalité ou d’être détaché
de soi
- peur de devenir fou
- peur de mourir
- paresthésies (sentiment d’engourdissement
ou de picotement)
- frissons, bouffées de chaleur
Les symptômes apparaissent sous forme de
syndromes d’apparence cardio-vasculaire,
neurologique, digestive et syncopale.
• Emotion : peur
Pour l’agoraphobie, c’est une peur irraisonnée
sans danger objectif.
• Cognition : il s’agit de l’anticipation
de la peur face à l’objet ou à la situation
qui pose problème.
Dans le cas de l’agoraphobie, il y a anticipation
de la situation vécue qui est ressentie comme
un danger (danger de mort, de perte de contrôle
de soi, d’avoir un comportement ridicule,…).
• Comportement : on constate qu’il y a des
évitements directs ainsi que des évitements
subtils.
Dans les événements directs de l’agoraphobie
les situations sont progressivement évitées,
notamment les lieux d’où on ne peut pas s’échapper
et les lieux où on ne peut pas être secourus.
Parmi les événements subtils, il y a l’utilisation
d’une personne, d’un objet "contra-phobique"
qui accompagne la personne et crée une situation
rassurante.
2 – La phobie sociale
a) Définition
Il s’agit d’une crainte irrationnelle d’être
jugé ou observé par un autre, de donner le
spectacle d’un comportement inadapté, voire
honteux, de révéler cette tendance anxieuse.
La phobie sociale concerne les individus
qui, dans certaines situations sociales,
éprouvent une forte anxiété. Ces manifestations
anxieuses intenses et la plupart du temps
paralysantes ou inhibitrices conduisent le
sujet à éviter lesdites situations, d’où
un fort handicap.
Nous pouvons ainsi définir la phobie sociale
par rapport aux critères diagnostiques DSM
IV, ( Diagnostic and Statistical Manual of
Mental Disorders - American Psychiatric Association)
:
- Une peur persistante et intense d'une ou
plusieurs situations sociales ou bien de
situations de performance durant lesquelles
le sujet est en contact avec des gens non
familiers ou bien peut être exposé à l'éventuelle
observation attentive d'autrui. Le sujet
craint d'agir (ou de montrer des symptômes
anxieux) de façon embarrassante ou humiliante.
(Si une affection médicale générale ou un
autre trouble mental est présent, la peur
décrite ici est indépendante de ces troubles;
par exemple, le sujet ne redoute pas de bégayer,
etc.)
- L'exposition à la situation sociale redoutée
provoque de façon quasi systématique une
anxiété qui peut prendre la forme d'une attaque
de panique liée à la situation ou bien facilitée
par la situation.
- Le sujet reconnaît le caractère excessif
ou irraisonné de la peur.
- Les situations sociales ou de performance
sont évitées ou vécues avec une anxiété et
une détresse intenses.
- L'évitement, l'anticipation anxieuse ou
la souffrance dans la (les) situations(s)
sociale(s) redoutée(s) ou de performance
perturbent, de façon importante, les habitudes
de l'individu, ses activités professionnelles
(ou scolaires), ou bien ses activités sociales
ou ses relations avec autrui, ou bien le
fait d'avoir cette phobie s'accompagne d'un
sentiment de souffrance important.
- Pour les individus de moins de 18 ans,
on ne porte le diagnostic que si la durée
est d'au moins 6 mois.
- La peur ou le comportement d'évitement
ne sont pas liés aux effets physiologiques
directs d'une substance ni à une affection
médicale et ne sont pas mieux expliqués par
un autre trouble mental (par exemple, le
trouble panique avec ou sans agoraphobie).
Les caractéristiques habituelles associées
à la phobie sociale comprennent une hypersensibilité
à la critique, à une évaluation négative
ou au rejet, un faible estime de soi ou des
sentiments d'infériorité. Les sujets ayant
une phobie sociale craignent souvent une
évaluation indirecte par les autres telle
que de passer un examen.
Nous pouvons donc construire un tableau pour
conclure en ce qui concerne le déroulement
d’une crise liée à la phobie sociale :
Quelle situation?
En situation sociale
Manifestation
Ponctuelle
Avant
Panique
Pendant, attention portée
Sur soi
Peur
D'être humilié ou agressé
Après
Honte
Concordance trouble / personnalité
Non
Stratégie comportementale
Evitement
Nature
Pathologique
La phobie sociale est de nature pathologique,
elle est envahissante, handicapante et influe
sur le développement et le devenir social
et affectif du
b) Quelles en sont les caractéristiques ?
1. Le trouble de la personnalité évitante
Il s'agit d'un mode général d'inhibition
sociale, du sentiment de ne pas être à la
hauteur et d'hypersensibilité au jugement
négatif d'autrui qui apparaît au début de
l'âge adulte et est présent dans des contextes
divers, comme en témoignent au moins quatre
des manifestations suivantes:
Le sujet
- Evite les activités sociales professionnelles
qui impliquent des contacts importants avec
autrui par crainte d'être critiqué, désapprouvé
ou rejeté.
- Manifeste de la réticence à s'impliquer
avec autrui à moins d'être certain d'être
aimé.
- Est réservé dans les relations intimes
par crainte d'être exposé à la honte et au
ridicule.
- Craint d'être critiqué ou rejeté dans les
situations sociales.
- Est inhibé dans les situations interpersonnelles
nouvelles à cause d'un sentiment de ne pas
être à la hauteur.
- Se perçoit comme socialement incompétent,
sans attrait ou inférieur aux autres.
- Est particulièrement réticent à prendre
des risques personnels ou à s'engager dans
de nouvelles activités par crainte d'éprouver
de l'embarras.
Il y aurait deux types de personnalité évitante
:
• Les grands anxieux qui arrivent à nouer
des relations positives avec quelques personnes,
ils ont souvent eu une enfance normale, les
relations parents/enfants étaient saines,
ces cas profitent bien des thérapies comportementales,
de l’entraînement aux habiletés sociales
et de la désensibilisation progressive
• Ceux qui sont tout autant anxieux que susceptibles,
qui ont de la difficulté à faire confiance
aux autres et qui vivent dans une grande
solitude, ils ont souvent eu une enfance
avec relations parents/ enfants malsaines
: jugement des parents, attentes trop élevées…),
ces cas profitent mieux des thérapies analytiques.
Avant de parler de troubles de la personnalité
il faut tout d’abord atteindre l’âge adulte.
Il est en effet fréquent qu’à l’adolescence
on traverse une phase se rapprochant de l’évitement.
Ce n’est qu’après plusieurs années de vie
adulte que le psychiatre peut poser un diagnostic.
2. L’anxiété sociale
L’anxiété sociale est perçue sous deux angles
essentiels :
- Anxiété de performance : face à un observateur,
au centre de l’attention, perte des moyens
et ressources.
- Anxiété d’interaction : se sentir évalué
dans une relation et à son désavantage. Perte
du statut d’interlocuteur valable : anxiété
relationnelle.
Exemples :
- Anxiété de performance : téléphoner en
public, participer au sein d’un petit groupe,
manger dans un lieu public, boire en compagnie
dans un lieu public, jouer, donner une représentation
ou une conférence, travailler en étant observé,
uriner dans des toilettes publiques, entrer
dans une pièce alors que tout le monde est
déjà assis, prendre la parole à une réunion,
passer un examen, faire un compte rendu à
un groupe.
- Anxiété d’interaction : parler à des gens
qui détiennent une autorité, aller à une
soirée, contacter par téléphone quelqu’un
qui ne vous connaît pas très bien, parler
à des gens que vous ne connaissez pas très
bien, rencontrer des inconnus, être le centre
d’attention, exprimer son désaccord ou sa
désapprobation à des gens que vous ne connaissez
pas très bien, regarder dans les yeux des
gens que vous ne connaissez pas très bien,
résister aux pressions d’un vendeur insistant.
...(suite sur la colonne de droite...)
Quelques chiffres :
Chez l'enfant.
Situation
Peur et évitement chez des enfants phobiques
sociaux
Parler en public
88%
Manger en face des autres
39,3%
Être en classe avec les autres enfants
27,6%
Ecrire en étant observé
27,6%
Utiliser les toilettes publiques
24,1%
Parler à des personnes représentant l'autorité
20,7%
. . .
Chez l’adulte.
Situation
Peur et évitement chez des sujets phobiques
sociaux
Prise de parole et interaction formelles
(cours, réunions...)
70%
Affirmation de soi : exprimer son désaccord,
refuser, demander, donner son
avis...
31%
Observation par les autres : effectuer une
tâche (manger, boire, travailler...)
sous
le regard des autres.
22%
L’anxiété sociale est donc multiforme
: trac,
timidité, phobies sociales sont des
phénomènes
différents qui contiennent eux-mêmes
une
belle diversité.
On peut néanmoins dégager une ligne
commune
:
Peur du regard -> Peur du jugement
->
Peur de l’exposition
La peur du regard : la crainte d’être exposé
au regard d’autrui est systématique. A l’origine
du mécanisme, elle va en stimuler le développement.
Il est à noter que cet élément, comme les
autres qui vont être décrits, sont présents
chez chaque individu, ce sont les proportions
et la nature handicapante qui mènent au trouble.
Personne n’aime être regardé, un sujet souffrant
d’anxiété sociale évidemment que les autres.
Il s’agit là d’une peur instinctive.
Peur du jugement : sur cette peur instinctive
va se construire une deuxième strate,
celle-ci
psychologique : le regard devient jugement,
est interprété comme tel.
La peur du regard de l’autre se « concrétise
» psychologiquement :
Exemple : - Toute relation est une
évaluation
- Le sujet est tourné vers lui-même et non
pas vers ce qui se passe autour de lui, vers
la relation.
- - Le sujet juge sa prestation plus
négativement
qu’un observateur le ferait
- - Le sujet sélectionne : il se souvient
essentiellement des prestations décevantes
- -.Les relations sont anticipées, appréhendées
négativement
- - Les commentaires positifs ne sont ni
entendus ni intégrés.
- - Le sujet est inhibé (les compétences
sont altérées ou bloquées, non développées)
Cette peur du jugement est en relation
avec
des phénomènes et mécanismes divers,
tels
que :
Peur de soi : le sujet peut avoir mis
en
place une anxiété quant à ses propres
réactions.
Hyper vigilance, attention portée sur
soi,
focalisation qui perturbent la performance
elle-même où l’attention pour être
efficace,
doit être portée vers l’extérieur.
Peur du regard d’autrui : jugement
et évaluation
: le sujet est inhibé (altération des
facultés)
car il redoute le jugement, l’évaluation,
en l’occurrence, négatifs. On peut
rapprocher
cela du trac, anxiété d’évaluation,
de performance.
Ici, c’est de la performance sociale
dont
il est question. Celle-ci est interprétée
à travers le filtre de l’anxiété :
- L’attention de l’autre est surévaluée
(«
il me surveille, pas le droit à l’erreur
»)
- Le jugement négatif est surévalué
(« il
m’a trouvé nul (le) »)
Peur de l’image de soi : le sujet qui souffre
d’anxiété sociale a des difficultés à s’adresser
des compliments sur ses performances; il
en découle un grand besoin de reconnaissance.
Le désir de donner une bonne impression est
donc fréquent. Le problème naît de la présence
conjointe de cette ambition et de la peur
de ne pas réussir. Désir et peur mêlés sont
ici à la naissance du trouble. On peut ajouter
à cela des exigences excessives que même
des « non phobiques sociaux » n’auraient
pas. Les performances sont donc nécessairement
insatisfaisantes.
L’anxiété est un trouble cognitif. On vit
une situation, on en pense quelque chose.
Les pensées (les différentes peurs que nous
venons d’aborder) donnent lieu à des émotions
et comportements de dysfonctionnement, non
adaptés au bien-être.
Dans la phobie sociale, le comportement
anxieux
prédominant est l’évitement. Les peurs
conduisent
l’individu à l’évitement plus ou moins
développé
des situations anxiogènes.
Nous sommes ici dans le principe du cercle
vicieux. A chaque évitement, la valeur anxiogène
de la situation augmente. Le trouble s’ «
auto-nourrit » :
Mais le phobique social peut anticiper. En
effet, l’anticipation anxieuse se produit
avant les situations problèmes. Elle prend
schématiquement trois dimensions : psycho-corporelle,
cognitive et comportementale. On peut considérer
que ces symptômes font partie du vécu anxieux
de la situation elle-même.
L’anticipation sera donc marquée :
- d’un point de vue psycho-corporel (tension
musculaire, difficulté végétatives diverses,
respiratoires)
- d’un point de vue comportemental
(évitement,
hyperactivité, vérification, inhibition)
- d’un point de vue cognitif (hyper
vigilance,
focalisation, troubles de la mémoire…)
Ces caractéristiques de l’anticipation
sont
valables dans le cadre de tous les
troubles
anxieux, mais prennent une valeur particulière
dans l’optique de la phobie sociale.
Pour prendre quelques exemples :
- Même si toute phobie est respectable, il
est irrationnel de craindre une souris (une
souris n’est pas « rationnellement dangereuse
»)
- Il est irrationnel de penser mourir
ou
devenir fou (folle) pendant une prochaine
attaque de panique.
- Il est rationnel de penser que l’on va
rater une performance sociale avant la performance.
La phobie sociale inhibe; le sujet ne se
comporte donc pas naturellement, il n'est
pas en pleine possession de ces moyens.
L’anticipation anxieuse dans la phobie
sociale
s’inscrit donc dans un « fond » de
réalité.
Il est logique d’avoir peur : quand
on est
inhibé, on est « moins bon » socialement.
Cet aspect est à prendre en compte thérapeutiquement.
Pour neutraliser l’anticipation, il ne suffit
pas de rassurer, de mettre à jour le discours
catastrophiste, les comportements dysfonctionnels
ou d’expliquer les manifestations corporelles,
Il faut également développer ses compétences
sociales, avec tout ce que cela implique.
Dans le cas contraire, la peur sera quelque
part « justifiée ».
c) Quels sont les symptômes de la phobie
sociale?
Ils sont de différentes natures :
- Symptômes physiologiques : tensions
et
manifestations neurovégétatives disproportionnées
: tensions musculaires, douleurs musculaires,
fatigue, tremblement, sensation d’étouffement,
tachycardie, sécheresse de la bouche,
…
- Symptômes cognitifs : hyper vigilance,
focalisation, hyper conscience de soi
et
par voie de conséquence, difficulté
de concentration,
de mémoire (trou noir) distorsions
cognitives
(lecture de la réalité éloignée de
la réalité
elle-même)…
Anticipation anxieuse, besoin de réassurance.
- Symptômes comportementaux : conduites
d’évitement
direct ou subtil, vérifications, inhibition,
hyperactivité.
d) Comment devient-on phobique social
?
La phobie sociale résulte d'un apprentissage,
le phobique sociale suit donc un modèle,
celui-ci peut être