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Quelles sont les pensées automatiques
qui nous minent ?
"COGNITUS" en latin veut dire CONNU
Qu'est-ce-qui nous permet de comprendre et
d'acquérir des connaissances ?
Ce sont nos PENSEES...
Mais sous l'effet de l'anxiété et de la dépression
nous n'avons pas toujours conscience que
des pensées parasitaires envahissent notre
esprit, traitent l'information de façon erronée
et peuvent être gênantes, se retourner contre
nous, devenir négatives et donc destructrices...
Cette façon négative d'interpréter la réalité
provoque des ruminations mentales, génératrices
de sentiments et d'émotions perturbatrices
qui vont déterminer un type de comportement,
une façon de réagir défaitiste face aux gens
et aux évènements.
Cette notion de monologue intérieur est ancienne
puisque déjà Platon, philosophe grec IVème
siècle avant J.C., écrit "Quand l'esprit pense, il est simplement en
train de se parler à lui-même, de se poser
des questions, d'y répondre et de dire oui
ou non".
Depuis 30 ans, les effet négatifs d'une interprétation
pessimiste et même catastrophique de la réalité
ont été étudiés par la psychologie cognitive,
à la fois chez des sujets normaux et chez
des sujets anxieux ou déprimés. Les résultats
de ces travaux ont mis en évidence l'importance
d'un équilibre salutaire entre les pensées
positives et celles négatives.
L'idéal serait d'avoir un dialogue interne positif avec 62 % de pensées positives contre 38
% de pensées négatives.
Le dialogue interne de conflit 50-50 correspond à des états d'anxiété ou
des états dépressifs légers.
Le dialogue interne négatif avec 62 % de pensées négatives correspond
à des états sévères d'anxiété et de dépression.
Aux deux extrémités, soit la pensée positive,
soit la pensée négative dominent exagérément
et un monologue s'impose à l'esprit. Avec moins de 30 %
de pensées positives, il signale un état
de profonde dépression ou des crises d'angoisses
aïgues. A l'inverse, avec plus de 70 % de
pensées positives, il dénote un état d'euphorie,
de surexcitation psychique, appelé "hypomanie"
caractérisé par des projets irréalistes,
grandioses et c'est tout le cortège des affabulateurs
et des mégalomanes...
Albert Ellis, précurseur de la thérapie cognitive, a
établi en 1962, la liste des dix principales
croyances irrationnelles rencontrées fréquemment
chez des personnes présentant des troubles
névrotiques :
Vous devez être aimé et approuvé en tout
et toujours par tout le monde.
Vous devez avoir du talent et être capable
de réussir dans quelque chose d'important.
La vie est une catastrophe si les choses
ne vont pas comme vous le voulez.
Ceux qui vous font du mal sont mauvais et
doivent être blâmés.
Si quelque chose est menaçant, vous devez
en être préoccupé et bouleversé.
Vous devez trouver des solutions pour rendre
la vie meilleure.
La misère intérieure et émotionnelle vient
de pressions extérieures et vous avez peu
de possibilités de contrôler vos sentiments
et de vous libérer de la dépression et de
l'hostilité.
Il est plus aisé d'éviter d'affronter les
difficultés de l'existence que d'entreprendre
des activités plus fructueuses de maîtrise
de soi.
Votre passé a une importance capitale et,
parce que quelque chose a influencé autrefois
votre vie, il doit continuer à gouverner
vos sentiments et votre comportement actuels.
Vous pouvez atteindre le bonheur par l'inertie,
l'inactivité ou en vous faisant plaisir passivement
et sans vous engager personnellement.
Aaron T. Beck, s'aperçut que la méthode psychanalytique
des associations libres favorisait l'accumulation
et la conservation de pensées à l'insu du
patient. Il suffisait de l'inciter à les
rapporter verbalement. Elles lui venaient
alors à l'esprit rapidement, machinalement,
indépendamment de sa volonté. Il mit en évidence
que ces pensées s'accompagnaient ou précédaient
des sentiments pénibles (pleurs, fébrilité)
chez le patient anxieux et/ou dépressif.
A ce moment-là on lui demandait à quoi il
pensait et il développait alors ses pensées
négatives sur lui-même, sur le monde extérieur,
sur le futur, enfermé en lui-même, prisonnier
du monologue de ses pensées automatiques.
Une fois ces pensées mises à jour, il fallait
parvenir à établir une communication pour
peu à peu modifier ce mode de pensée et libérer
l'anxiété et la tristesse.

Jean Cottraux dans "les thérapies cognitives" explique comment les patients anxieux
et déprimés ont leur vie mentale encombrée
de mécanismes de pensée inconscients et automatiques
qui traitent l'information provenant de l'environnement
de façon erronée. Ces monologues intérieurs
négatifs résultent de l'interaction de facteurs
biologiques, d'expériences vécues et d'apprentissages
acquis tout au long de la vie et provoquent
la mise en place de systèmes de croyances
erronées, appelés schémas cognitifs, tels
que par exemple :
Pensées sur soi
Je ne vaux rien si je ne me réalise pas
dans une ascension sociale digne des ambitions
de ma famille
Je ne suis bon à rien si je ne réussis pas
tout ce que j'entreprends
Je ne suis pas capable si je commets des
erreurs
Je ne comprends rien si je ne comprends
pas tout
Je ne suis pas digne d'être aimé puisque
je n'ai aucune valeur
Je dois aimer et aider mes proches plus
que moi-même sinon je suis une mauvaise épouse
ou une mauvaise mère
Pensées sur les pensées des autres
Je dois parler ou agir de façon parfaite
sinon je serai mal jugé
Je dois être toujours agréable et d'accord
avec mes amis sinon ils ne vont plus m'aimer
Tout le monde doit voir que mes mains tremblent
pendant que je lis mon texte et on doit me
trouver grotesque
Pensées sur les réactions des autres
Je dois effectuer un travail irréprochable
sinon je serai mal noté
Je dois gagner beaucoup d'argent sinon ma
femme me quittera
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